03 · Les mots
Quelles phrases utiliser avec un enfant TDAH, et lesquelles éviter ?
Six phrases à changer, et la moitié du travail est faite.
On évite l’ordre, la menace et le jugement sur la personne ; on pose un choix borné, une condition « quand, alors », et un constat plus un coût.
C’est la section la plus utile du guide, et la plus inconfortable. La plupart des formulations ci-dessous sont celles que nous utilisions tous avant de commencer.
Le choix porte sur le moment. La douche, elle, n’est pas en jeu. Vous donnez une prise de décision réelle sans ouvrir la règle à la négociation.
Même règle, sens inversé. La première crée un adversaire, la seconde une condition. Chez un enfant oppositionnel, la différence se mesure en crises par semaine.
« Rangée » est un critère flou, donc discutable chaque jour. Un critère écrit une fois arrête la discussion pour six mois.
La prévenance de dix minutes n’est pas une politesse, c’est le mécanisme qui rend la transition possible. Sans elle, vous demandez à un cerveau en hyperfocus de s’arrêter net, et l’échec est prévisible.
Un constat plus un coût, sans commentaire sur la personne. Le coût est payé, l’affaire est classée. Un enfant TDAH a déjà encaissé des années de retours négatifs sur ce qu’il est.
« Quand tu veux » remet la volonté au centre, et sous-entend que le reste du temps il ne voulait pas. Nommez le geste, pas la valeur morale.
Chiche enregistre, il ne félicite pas. Pas de confetti, pas de « bravo », pas de fanfare. Le jeton se remplit, le compteur monte d’un cran. La reconnaissance, c’est votre travail, et un logiciel qui s’en charge vous en dispense — ce serait la seule chose vraiment mauvaise qu’il pourrait faire.
Sources
- Russell A. Barkley, Defiant Children: A Clinician's Manual for Assessment and Parent Training, Guilford Press, 1997.
- [AUTRES_RÉFÉRENCES_QUE_JE_TE_DONNERAI]