Guide des familles pilotes · Édition 1
Ce que vous venez de mettre en place, et ce qui va se passer.
Vous avez un tableau. Ce guide explique la mécanique qui le fait tenir, les phrases qui fonctionnent, celles qui cassent tout, et le déroulé réaliste des six prochaines semaines. Comptez vingt minutes de lecture. Vous pouvez aussi lire seulement les sections 5 et 8, et revenir plus tard.
La mise en place. Une fois.
Le comptage, chaque soir.
La réunion, le dimanche.
- 01Le principe, en trois idées4 min
- 02Les trois mécaniques3 min
- 03Les mots qui marchent4 min
- 04Le comptage du soir2 min
- 05Le coût, et le zéro2 min
- 06Les jetons et les récompenses3 min
- 07La réunion du dimanche2 min
- 08Les six semaines, phase par phase4 min
- 09Quand l’opposition est le sujet3 min
- 10Les sept réglages qui tuent un tableau3 min
- 11Et vous, dans tout ça3 min
- 12Ce que Chiche ne fait pas2 min
- 13L’aide-mémoire à imprimer—
01 · Le principe
Trois idées, et vous avez compris la méthode.
Première idée : ce n’est pas un déficit de volonté
Russell Barkley résume trente ans de recherche en une phrase : le TDAH n’est pas un trouble de l’attention, c’est un trouble de l’exécution. Votre enfant sait ce qu’il faut faire. Il sait même souvent l’expliquer mieux que vous. Ce qui ne fonctionne pas, c’est le passage entre savoir et faire.
La conséquence pratique est brutale : motiver ne sert à rien. Répéter, expliquer, raisonner, promettre, menacer — tout cela s’adresse à une fonction qui marche déjà. C’est comme parler plus fort à quelqu’un qui n’entend pas dans une autre langue.
Ce qui fonctionne, c’est de modifier l’environnement autour de l’enfant pour qu’il porte une partie du travail à sa place. Un tableau affiché, une séquence toujours identique, un minuteur visible, un point qui tombe tout de suite. C’est de la prothèse, pas de la pédagogie.
À retenir : vous n’allez pas apprendre à votre enfant à être plus volontaire. Vous allez construire un décor dans lequel il n’a plus besoin de l’être autant.
Deuxième idée : le délai détruit l’apprentissage
Chez un enfant TDAH, une conséquence différée n’existe pas. Pas « compte moins » : n’existe pas. Une récompense promise pour vendredi n’a aucun effet sur le comportement de mardi, et une punition annoncée pour ce soir n’en a aucun sur le geste de maintenant.
C’est pour cette raison que le tableau fonctionne avec des jetons qui tombent immédiatement, et pas avec un bilan de fin de semaine. Le jeton n’est pas une récompense, c’est un marqueur immédiat qui rend visible quelque chose d’invisible. La récompense, elle, vient plus tard et c’est acceptable — parce que le jeton a déjà fait le travail sur le moment.
Troisième idée : la répétition avant la compréhension
Vous allez avoir envie d’expliquer. Résistez pendant les deux premières semaines. Une séquence installée par répétition dans un environnement stable devient automatique en quatre à six semaines. Une séquence expliquée reste un sujet de discussion pendant des mois.
Même heure, même ordre, chaque jour. C’est ennuyeux, c’est peu gratifiant à tenir, et c’est le mécanisme actif.
02 · Les mécaniques
Le tableau n’a que trois pièces mobiles.
Chiche n’ajoute aucune couche de jeu par-dessus la méthode. Pas de série à ne pas briser, pas de classement, pas de niveaux. Les seules mécaniques à l’écran sont celles de la méthode.
Le jeton immédiat
Un geste fait vaut des jetons, tout de suite. Un geste non fait a un coût, tout de suite. Le compteur monte, il ne descend jamais sous zéro.
Quand, alors
Chaque accès s’écrit comme une condition, pas comme une menace. L’écran n’est pas retiré, il devient disponible.
Quand la douche est faite
alors le téléphone revient
La réunion du dimanche
Quinze minutes où l’on regarde les chiffres, où l’enfant échange ses jetons, et où une règle peut être renégociée. C’est là que le système devient le sien.
Ces trois pièces se tiennent. Un jeton immédiat sans réunion du dimanche donne un système imposé qui s’épuise en trois semaines. Une réunion sans jeton immédiat donne une discussion sans levier. Un « quand / alors » sans les deux autres donne une négociation permanente.
03 · Les mots
Six phrases à changer, et la moitié du travail est faite.
C’est la section la plus utile du guide, et la plus inconfortable. La plupart des formulations ci-dessous sont celles que nous utilisions tous avant de commencer.
Le choix porte sur le moment. La douche, elle, n’est pas en jeu. Vous donnez une prise de décision réelle sans ouvrir la règle à la négociation.
Même règle, sens inversé. La première crée un adversaire, la seconde une condition. Chez un enfant oppositionnel, la différence se mesure en crises par semaine.
« Rangée » est un critère flou, donc discutable chaque jour. Un critère écrit une fois arrête la discussion pour six mois.
La prévenance de dix minutes n’est pas une politesse, c’est le mécanisme qui rend la transition possible. Sans elle, vous demandez à un cerveau en hyperfocus de s’arrêter net, et l’échec est prévisible.
Un constat plus un coût, sans commentaire sur la personne. Le coût est payé, l’affaire est classée. Un enfant TDAH a déjà encaissé des années de retours négatifs sur ce qu’il est.
« Quand tu veux » remet la volonté au centre, et sous-entend que le reste du temps il ne voulait pas. Nommez le geste, pas la valeur morale.
Chiche enregistre, il ne félicite pas. Pas de confetti, pas de « bravo », pas de fanfare. Le jeton se remplit, le compteur monte d’un cran. La reconnaissance, c’est votre travail, et un logiciel qui s’en charge vous en dispense — ce serait la seule chose vraiment mauvaise qu’il pourrait faire.
04 · Le comptage
Une minute, le soir, à heure fixe.
- Ouvrez le tableau devant votre enfant, jamais dans son dos. Le comptage est un moment public, c’est ce qui lui donne sa valeur.
- Cochez ce qui est fait. Ne commentez pas ce qui ne l’est pas au-delà du constat.
- Notez les coûts s’il y en a. Un signe moins, un jeton vide, et on passe à la suite.
- Lisez le total à voix haute. C’est le seul chiffre qui compte pour lui.
- Fermez. Pas de bilan, pas de morale, pas de « demain tu feras mieux ».
Si vous êtes deux
Un seul tableau, deux comptes, en direct. Quand l’un note un coût à 18 h, l’autre le voit avant de rentrer. Le pire scénario n’est pas l’oubli, c’est deux versions concurrentes de la même journée : votre enfant la repérera avant vous, et le système perdra sa crédibilité au moment exact où il faudrait qu’il en ait.
Si vous êtes seul ce soir-là
Comptez quand même. Un comptage fait par un seul parent vaut infiniment mieux qu’un comptage reporté au lendemain. Le report est la première marche vers l’abandon, et Chiche vous préviendra si le second compte reste silencieux plusieurs jours — non pas pour dénoncer, mais parce qu’un système tenu par une seule personne finit par céder.
Le soir où vous n’y arrivez pas. Il arrivera. Ne rattrapez pas deux jours d’un coup le surlendemain : reprenez à zéro le jour suivant et dites-le simplement. « On a sauté hier, on reprend ce soir. » Un tableau qui admet un trou reste crédible. Un tableau qui fait semblant que le trou n’existe pas ne l’est plus.
05 · Le coût
Le compteur ne descend jamais sous zéro. Ce n’est pas de la douceur.
Un coût existe : une étape non faite retire des jetons, tout de suite. Mais le compteur s’arrête à zéro, et il ne conserve aucune dette pour le lendemain.
La raison est mécanique, pas morale. Sur un plafond de treize jetons par jour, un coût de dix efface trois jours de travail. À partir de là, l’enfant ne peut plus rien récupérer dans la journée — et un objectif devenu inatteignable n’a plus aucun effet sur le comportement. Vous n’avez pas puni, vous avez éteint le levier.
C’est pour cette raison que les coûts de Chiche sont plafonnés à trois jetons. Un coût doit toujours rester rattrapable le jour même.
Certaines situations demandent autre chose qu’un compte de points, et les mélanger au tableau abîme les deux. Elles relèvent d’une règle familiale, annoncée à l’avance, appliquée hors du compteur :
- Un téléphone utilisé ou caché après l’heure, de façon répétée : confiscation d’une durée annoncée.
- Un contenu inapproprié constaté : retour à un appareil sans internet, pour une durée dite d’avance. C’est une question de sécurité, pas de routine.
- La violence physique : hors du champ d’un système de points, quel qu’il soit.
06 · Les jetons
Les récompenses, et la première marche.
Les jetons s’échangent. Votre catalogue a été calculé sur le plafond de votre enfant, avec cinq paliers : quelque chose à un jour, quelque chose à deux ou trois, puis des marches plus hautes.
La première marche est la plus importante. S’il faut une semaine pour obtenir le premier échange, le système ne démarre pas — l’enfant ne fait pas le lien entre les jetons et quoi que ce soit de réel. C’est pour cela qu’il y a toujours une récompense atteignable en une journée dans votre catalogue, même si elle vous paraît dérisoire. Un autocollant qui arrive le lendemain enseigne plus qu’une sortie karting qui arrive dans trois semaines.
Quatre règles qui évitent les ennuis
- Ne promettez rien que vous ne pouvez pas honorer. Une récompense non tenue coûte plus cher que pas de récompense du tout : elle apprend que le tableau ne vaut rien.
- Les jetons non dépensés se reportent, sans expiration. Épargner est une compétence, pas une faille du système.
- Une récompense hors d’atteinte s’affiche atténuée, jamais barrée, et jamais accompagnée d’un « il te manque douze points ». Le décompte de ce qui manque est un rappel d’échec.
- L’échange se fait le dimanche, pas au coup par coup. Sinon vous passez la semaine à arbitrer.
Une inquiétude fréquente : « est-ce que je ne suis pas en train de lui acheter son obéissance ? » Réponse honnête : en partie, pendant quelques semaines. Le tableau est un échafaudage. Il sert le temps que la séquence devienne automatique, et les récompenses s’espacent d’elles-mêmes quand ce moment arrive — parce que l’enfant a autre chose à faire que de compter ses jetons.
07 · Le dimanche
Quinze minutes qui décident si le système survit.
C’est le rendez-vous que les familles sautent en premier, et c’est celui dont l’absence tue le tableau. Sans lui, le système reste imposé — et un adolescent supporte un système imposé environ trois semaines.
- Le comptage. On lit les totaux de la semaine, à voix haute. Deux minutes.
- Ce qui a marché. Un geste, nommé précisément, par personne. Y compris pour les parents.
- Un ajustement, au maximum. Une seule règle change par semaine. C’est une limite, pas une suggestion.
- L’échange des jetons. Le moment agréable de la réunion. Ne le bâclez pas.
- Les annonces de la semaine. Rendez-vous, sorties, ce qui va changer dans l’organisation.
Le vrai signal de réussite n’est pas un compteur élevé. C’est la première réunion où votre enfant conteste une règle avec un argument, et obtient un changement. Ce jour-là, le tableau a cessé d’être le vôtre.
Tenez l’horaire, même une semaine catastrophique. Une réunion de quinze minutes un dimanche où tout s’est mal passé vaut plus que trois réunions un mois où tout allait bien.
08 · Le calendrier réel
Ce qui va se passer, et quand.
Lisez cette section maintenant, et relisez-la au quatrième jour. C’est là que la majorité des familles arrêtent, en pensant que ça ne marche pas.
Jours 1 à 3 · Le test
Les règles sont contestées une par une.
Votre enfant vérifie si le cadre tient. Chaque étape sera discutée, chaque valeur de jeton trouvée injuste, chaque coût dénoncé comme abusif. C’est un travail d’inspection, pas de la mauvaise foi.
Jours 4 à 10 · Le creux
Le compteur stagne bas, et vous pensez vous être trompé.
La résistance devient parfois plus franche qu’avant le tableau. C’est logique : votre enfant vient de perdre un terrain de négociation qu’il maîtrisait depuis des années, et personne ne dit merci pour ça. Cette phase ressemble exactement à un échec. Elle n’en est pas un.
Semaines 2 et 3 · Les premiers automatismes
Un ou deux gestes se font sans rappel.
Souvent les plus courts et les plus visibles : le lit, les chaussures. Vous ne le remarquerez peut-être pas tout de suite, parce que le reste occupe encore toute la place. Regardez les chiffres du dimanche plutôt que votre impression du mardi.
Semaines 4 à 6 · L’installation
La séquence tient, et votre enfant commence à discuter ses règles.
C’est le moment où le tableau change de nature. Il devient un objet commun plutôt qu’un instrument parental. Le compteur monte, les crises de transition raccourcissent, et le soir redevient praticable.
Au-delà de six semaines
Si rien n’a bougé, le réglage est en cause, pas votre enfant.
Six semaines de tenue régulière sans aucun changement observable signifient qu’un paramètre est faux : trop d’étapes, coûts trop lourds, critères flous, récompenses hors d’atteinte, ou un seul parent qui porte tout.
09 · L’opposition
Quand refuser est le sujet, retirez la cible.
Cette section concerne les familles dont l’enfant s’oppose systématiquement, avec ou sans diagnostic de trouble oppositionnel. Le tableau seul ne suffit pas : il faut aussi changer la façon dont une demande est posée.
Le principe. L’opposition se déclenche sur l’injonction, pas sur la tâche. Un enfant qui refuse la douche ne refuse pas l’eau : il refuse qu’on lui dise quoi faire. Si vous retirez l’injonction, vous retirez souvent le refus avec elle.
- Poser un choix, pas un ordre. « Avant ou après le dîner ? » Le choix est réel mais borné, et il porte sur le moment, jamais sur la règle.
- Déléguer l’autorité à un objet. Le minuteur, c’est l’enfant qui le pose et qui le lance. Ce n’est plus vous qui décidez que le temps est écoulé, c’est l’appareil. On ne se dispute pas avec un minuteur.
- Annoncer chaque transition dix minutes avant. Toujours, sans exception. Une transition non annoncée est une transition perdue.
- Offrir une voie légale pour dire non. Le désaccord exprimé avec des mots vaut des jetons. Refuser en argumentant, demander à renégocier dimanche : c’est valorisé. Crier et claquer une porte, non. Vous ne supprimez pas l’opposition, vous lui donnez un canal.
- Vous annoncez une fois. Une seule.
- Puis silence. Vous n’argumentez pas sur le fond, jamais pendant la crise.
- Vous quittez la pièce, et vous revenez cinq minutes plus tard.
- Vous ignorez les grommellements, les soupirs, la porte claquée. Ce sont des dommages collatéraux acceptables.
- Une fois le geste fait, vous ne revenez pas dessus. Pas de « tu vois, tu aurais pu tout de suite ». Cette phrase annule le bénéfice de la séquence entière.
Et si vous sentez que vous allez céder ou exploser, passez la main à l’autre parent. Convenez d’un signal entre vous — un mot, un geste — qui veut dire « je sors, tu prends ». Une décision prise sous émotion forte coûte toujours plus cher que le geste qu’elle voulait obtenir.
10 · Les réglages
Les sept façons de faire mourir un bon tableau.
Aucune n’est une faute de parent. Ce sont des erreurs de paramétrage, et elles se corrigent en une réunion du dimanche.
Trop d’étapes, trop vite
Signe : la routine dépasse trente-cinq minutes le matin, ou tout le monde soupire en ouvrant le tableau.
Deux moments de la journée au démarrage, pas trois. Quatre à six étapes par moment. Le troisième moment attend la semaine 4.
Des coûts trop lourds
Signe : le compteur passe ses journées à zéro, et votre enfant a arrêté de le regarder.
Repassez tous les coûts à moins un pendant deux semaines. Un compteur qui bouge enseigne ; un compteur écrasé n’enseigne rien.
Des critères flous
Signe : vous discutez chaque soir de ce qui compte comme fait.
Réécrivez le critère en une phrase observable, dimanche, avec l’enfant présent. « Sol dégagé et rien sur le lit » plutôt que « rangée ».
La réunion du dimanche sautée
Signe : deux dimanches de suite sans réunion.
C’est le plus grave de la liste. Remettez le rendez-vous au calendrier, même à dix minutes. Sans lui le tableau redevient une contrainte imposée.
Un seul parent qui porte tout
Signe : un seul compte se connecte, et l’enfant a compris lequel des deux adultes il faut contourner.
Un comptage sur deux, minimum, par le second parent. Si ce n’est pas possible, dites-le à votre enfant plutôt que de laisser l’écart s’installer en silence.
Changer les règles en pleine semaine
Signe : vous ajustez une valeur de jeton un mardi soir, après une dispute.
Les changements se décident le dimanche, à froid, un seul par semaine. Un tableau modifié sous le coup de l’énervement n’est plus un cadre, c’est un rapport de force.
Attendre un résultat en trois jours
Signe : vous relisez cette phrase au jour 4.
Six semaines. Le creux des jours 4 à 10 fait partie du mécanisme, pas de son échec.
11 · Vous
Le tableau ne tiendra pas plus longtemps que vous.
Cette section n’est pas un supplément bienveillant. Elle traite de la variable qui explique le plus d’abandons : l’épuisement du parent qui tient le système. Un tableau parfaitement réglé s’arrête net quand la personne qui compte n’en peut plus.
Le relais
Convenez à deux d’un signal qui veut dire « je passe la main », sans discussion et sans justification à fournir sur le moment. Il s’utilise avant l’explosion, pas après. Un parent qui sort de la pièce à temps protège le cadre ; un parent qui craque devant l’enfant l’abîme pour plusieurs jours.
Le temps hors du foyer
Une heure par semaine, seul, hors de la maison, pour chaque parent. Inscrite au calendrier comme un rendez-vous, pas comme une intention. C’est la mesure la plus efficace et la plus systématiquement sacrifiée.
Si l’épuisement dure plus de quatre semaines, ou si vous vous surprenez à redouter la fin de journée, ce n’est plus une question d’organisation. Parlez-en à votre médecin, ou cherchez un accompagnement pour vous — pas seulement pour votre enfant.
Si vous avez peur de vos propres réactions, ou si vous vous sentez à bout au point de ne plus savoir quoi faire, n’attendez pas la fin des six semaines. Un professionnel, un proche, une ligne d’écoute parentale. Ce n’est pas un échec de la méthode, et le tableau peut attendre.
Une dernière chose, et elle compte. Votre enfant n’a pas choisi de fonctionner comme ça, et vous n’avez pas choisi d’avoir à construire un système pour que le soir soit vivable. Aucun des deux n’est en faute. Le tableau ne répare pas ça, il rend juste la maison praticable — c’est déjà beaucoup.
12 · Les limites
Ce que Chiche ne fait pas, et ne fera pas.
- Ce n’est pas un dispositif médical, et aucune étude clinique n’a été menée sur l’application elle-même. La méthode Barkley est documentée et enseignée depuis des décennies ; l’outil n’hérite pas automatiquement de cette validation.
- Ça ne remplace aucun suivi. Chiche se met à côté d’une psychologue, d’une orthophoniste, d’un pédiatre, jamais à leur place, et ne pose aucun diagnostic.
- Ce n’est pas un outil de surveillance. Pas de géolocalisation, pas de contrôle du téléphone, pas de lecture des messages.
- Ce n’est pas un système de punition. Le compteur ne descend pas sous zéro et l’application n’a pas de vocabulaire de sanction.
- Nous ne demandons aucune donnée de santé — ni diagnostic, ni traitement, ni document médical. Un prénom, un âge, et les règles que vous décidez.
- Vos données restent dans l’Union européenne, sans revente, sans publicité. Vous exportez ou supprimez tout le compte en un geste, sans nous écrire.
Vous faites partie des cent premières familles. Le produit est jeune, il a des angles. Ce que vous nous direz — surtout ce qui ne marche pas — change directement ce que verront les familles suivantes. Écrivez-nous quand quelque chose accroche, même si ça vous paraît minuscule.
13 · L’aide-mémoire
Une page à mettre sur le frigo.
Le reste du guide, tenu en A5. C’est celle-ci qu’on relit un mardi soir difficile.
Chiche — L’essentiel
Le jeton tombe tout de suite. L’accès s’écrit « quand, alors ». La réunion a lieu le dimanche, quinze minutes.
Prévenir dix minutes avant chaque transition. C’est l’enfant qui lance le minuteur. Une règle change par semaine, le dimanche, à froid.
Annoncer une fois. Silence. Sortir de la pièce, revenir dans cinq minutes. Ne pas argumenter sur le fond. Après le geste, ne pas y revenir.
Sous zéro. Sous émotion forte. Deux versions différentes de la même journée entre les deux parents.
Le creux fait partie du mécanisme. Sept à dix jours de résistance. C’est le moment exact où l’on croit s’être trompé. Tenez le cadre, pas le discours.